DES COMETES. 2 l 3
et il n’y avoit presque pas de chevelure; la comete de 1682, aurapport de Cassini , étoit aussi ronde et aussi claire que Jupiter( Mém. acad. 1699); celle qui parut depuis le 28 septembrejusqu’au 25 novembre 1763,11’avoit point de queue, quoique fortprès de la Terre. Ainsi l’on ne doit pas regarder les queues descometes comme leur caractère distinctif.
0081. Riccioli, dans son énumération des cometes, n’en comptaque i54 citées par les historiens , jusqu’à l’année i65i , où il com-posoit son Almageste , et la derniere étoit celle de 1618. Dans legrand ouvrage de Lubienietz , où les moindres passages des au-teurs sont scrupuleusement rapportés, toutes les fois qu’ils ont lemoindre rapport aux cometes, on voit 4 i 5 apparitions jusqu’à cellede l’année 1 665, qui parut depuis le 6 jusqu’au 20 avril, entrePégase etlescornes duBélier. M. Pingré, danssa Cométogïuphie (a),en cite un bien plus grand nombre, d’après une multitude dechroniques qu’il a consultées ; et cependant il n’a pas eu connois-sance de toutes celles où il est parlé de cometes. M. Scheibelparle d’un manuscrit de 18 feuilles , où sont indiqués plus de1800 coinéiographes. Au reste, M. Pingré réduit à 38o les appari-tions qui hii paioissent bien certaines. On trouve aussi une tabledes cometes qui ont paru jusqu’en 1774» dans le premier volumedes tables de Berlin ; et il y en a près de 700. M. de Guignesen a cite beaucoup, d’après les livres chinois {Mém. présejités fiT. X, 1785), et M. Pingré les a rapportées.
Mais de toutes ces apparitions de cometes nous n’en trouvonsaucune dont la route soit décrite avec un peu d’exactitude, avantl’année 837 , et le nombre de celles dont on a pu avoir assezde circonstances pour cal<?uler leur orbite , se réduit à 78 , dumoins en 1790; en ne comptant que pour une les cometes de1456, 1531, 1607, 1682 et 1759, puisqu’il est reconnu que c’étoitune seule et même planete ( 3i83 )': j’ai réuni de même celles dei 532 et de 1661 , et celles de 1284 et de i556 (art. 3r84 )*
3o82. Au reste nous devons être persuadés qu’il a paru de tousles temps beaucoup de cometes dont il n’est point parlé dans leskistoriens, et qu’il y en a eu beaucoup plus encore qui n’ont pointétéapperçues : les anciens même le savoient, car Posidonius avoitécrit, suivant Séneque {Quaest. nat. I. VII, c. 20), qu’à la fa-veur de l’obscurité produite par une éclipse de Soleil, 011 avoit vu
(a) Cet ouvrage a paru à la fin de 1784, en deux volumes in- 4 0 . L’académiea demandé qu’il fût imprimé à l’imprimerie royale •, il contient, de la maniéréla plus étendue ; l’histoire, la théorie et le calcul de toutes les cometes.