284 ASTRONOMIE, LIV. XX.
elles paroissoient dans le nuage de lumière qui étoit entré sans Con-tenir de taches, et disparoissoient étant encore sur le Soleil : le nuagede lumière redevenoit visible sans taches, comme à son entrée, et res-toit visible jusqu’à sa sortie du disque solaire.
323 o. Le résultat le plus curieux qu’ait procuré à M. Messier l’ob-servation de ces nuages de lumière a été la facilité de prévoir l’entréedes taches au bord du Soleil vingt-quatre heures plus ou moins avant
3 u’elles y fussent : en effet ces nuages, par leur étendue, précé-oient l’entrée des taches au bord du Soleil quelquefois de plusd’un jour; ainsi l’entrée du commencement des nuages de lumièreau bord du Soleil annonçoit d’avance celle des taches , et même ,
Î >ar la lumière plus ou moins brillante de ces nuages, indiquoit si>es taches seroient grandes ou petites ( Mém . acad., 1784).
3201. Les ombres ou nuages sont une nébulosité ou une atmo-sphère blanchâtre qui environne toujours les grandes taches. Hévé-lius les compare à l’impression que l’haleine fait sur la glace d’unmiroir, en ternissant son éclat, halo {Seten., pag. 84): quelquefois,dit il, cette atmosphère des taches est jaunâtre instar lialonis, et il endonne un exemple {pag. 5oo). Quelquefois ces ombres se trouvent,toutes seules, et donnent ensuite naissance à des taches, comme ill’observa au mois d’août 164.3 {ibid., pag. 86 et 5o8). Ces ombressont souvent d’une très grande étendue: Hévélius a vu une traînéed’ombres et de facules, le 20 juillet 1643, qui occupoit près du tiersdu diamètre du Soleil {pag. 87 et 5o6).
On voit spécialement la maniéré dont Hévélius se représenLoit lesombres et les facules, dans l’exemplaire de sa Sélénographie qu’ilenvoya à Louis XIV et qui est à la bibliothèque du roi, toutes lesplanches y ayant été enluminées avec beaucoup de soin par l’au-ieur même ou sous ses yeux.
3232 . Les taches dn Soleil servent à expliquer divers phéno-mènes racontés dans les historiens. Voyez Pline, Plutarque, Vir-gile , Cirm raput obscurd nitidu/n ferrugine texit ; Georg. 1,441-448, Edit, ad usum, pag. 122; Scheiner, pag. 609; Riccioli,Almag. 1 , 97 ; Costard , pag. 182. Dans les Annales de France im-primées à Paris en i 588 ( Vie de Charlemagne , p. 62 ), on trouveque l’an 807, xvj bal. april. Mercure parut sur le Soleil commeune petite tache noire, qu’on apperçut en France pendant huitjours, et que les nuages empêchèrent d’observer dans quel tempsse firent l’entrée et la sortie. Il a été prouvé (2000) que ce 11c pou-voit être autre chose qu’une grosse tache; il en faut dire autant deee que crut voir Scaliger {Exerc. 72 contra Card. ), et K-épler mêmele 28 mai 1607.