ROTATION DES PLANETES. s 85
C’est à d’énormes taches du Soleil qu’il faut rapporter , si on veutles admettre , les deux faits qui sont dans Albufaradge ( HistoriaDjndst., pas,. 99 )• L’an 535 le Soleil eut unç diminution delumière, qui dura 14 mois, et qui étoit très sensible : l’an 626 lamoitié du disque du Soleil fut obscurcie , et cela dura depuis le moisd’octobre jusqu’au mois de juin. On voit quelquefois ces taches sanslunettes avec un simple verre fumé. Le i5 avril 1764 M. Darquierà Toulouse en vit une grosse, tout le monde la voyoit avec lui ;et cela arrive de temps en temps ( 3235 ) ; voilà pourquoi on lesavoit remarquées au Pérou , suivant Joseph a Costa ( Hist. des Indesoccid. t L, I, c. 2 ), avant qu’on les eût découvertes en Europe.
Sclieiner observa assidûment les taches du Soleil depuis 1618jusqu’en 1627 : il avoit soin de les rapporter à l’écliptique lorsqu’ilavoit observé leursituation par rapport au vertical ou aux parallèles àl’équateur : par ce moyen il décrivoit sur un carton la route d’unetachependantles 1 3 j. de son apparition. On en trouve un très grandnombre de gravées dans son ouvrage , et elles lui firent reconuoîtreles réglés suivantes ( Rosa Urs ., pag. 22.5 y.
3233 . A la fin de mai et au commencement de juin les tachesdécrivent des lignes droites inclinées sur l’écliptique du nord ausud , c’est-à-dire qu’elles vont de A en B ( fig. 268 ) : à la fin de no-vembre ou au commencement de décembre , elles décrivent des li-gnes droites en allant dumidi au septent. ou de C en D ; pendant l’hi-ver et le printemps leur route est concave vers le midi et convexe ducôté du nord -, mais dans les six autres mois ou depuis le commen-cement de juin jusqu’au commencement de décembre la conca-vité est tournée vers le nord comme dans l’ellipse IIXVMO.
La plus grande ouverture de ces ellipses arrive au commence-ment de mars et de septembre; alors le petit axe de chaque ellipseest 4f 0 du grand axe. Toutes les taches du Soleil , même les ombrçset les facules, décrivent des routes semblables , depuis le momentoù elles paroissent jusqu’à celui de leur disparition. On observe lamême chose dans les grandes et dans les petites , dans celles qui nedurent que quelques jours comme dans celles cjui font plusieursrévolutions , dans celles qui traversent le Soleil par le centrecomme dans celles qui en sont éloignées. Cette régularité seulesuffit pour démontrer que ces taches sont adhérentes au corps duSoleil, et qu’elles n’ont d’autre mouvement que celui du Soleilmême autour de son axe. Les taches prouvent donc la rotation duSoleil ;et Sclieiner en tira bientôt cette conclusion,
3 i 34 * Presque toutes les observations de Sckeiner furent ensuite