libration de la LUNI. 015
3300. Suivant la théorie du mouvement elliptique , le foyer supé-rieur F de l'orbite lunaire ALP ( fig. 274 ) est celui autour duquella Lune tourne uniformément ( 1253 ) : si donc la rotation de laLune est réellement uniforme, comme nous allons le prouver, laLune, après le quart de la durée de sa révolution , présentera aufoyer F le point B de sa surface, qui, clans l’apogée A , étoit dirigésuivant AFT, et par conséquent vers la Terre ; mais , dans cette po-sition du rayon LBF , l’angle FLT étant de 6 ou 7 0 , le point C de laLune qui est dirigé vers la Terre, et qui forme le centre apparentde la Lune, est différent du point B de 7 0 de la circonférence de laLune : ainsi la tache qui est en B ( et qui paroissoit au centre appa-rent du disque lunaire quand la Lune étoit apogée ), en paroîtraéloignée de 7% ou d’environ une huitième partie du rayon de laLune du côté de l’occident ; c’est ce que l’on observe réellement:on en conclut que la durée de la rotation de la Lune est sensiblementuniforme , et égale à celle de sa révolution , par raport à un pointqui est comme le foyer supérieur de 1 orbite.
3301. On a eu delà peine à comprendre la raison de cette parfaiteégalité entre les durées de la rotation et de la révolution de laLune. Newton trouva, par l’attraction de la Terre sur la Lune , quele diamètre de la Lune, dirigé vers la Terre, devoit être le pluslong , paiceque l’attraction de la Terre est plus grande sur les par-ties de la Lune qui sont les plus voisines de la Terre; et il trouvaque le diamètre devoit surpasser de 186 pieds les diamètres quisont perpendiculaires à notre rayon visuel, en supposant que laLune eût été molle ou fluide ; il en conclut que le plus grand dia-mètre doit être toujours à-peu-près dirigé vers nous. Le corps dela Lune, dit-il, ne peut pas rester dans une autre situation, ilrevient à celle-là par des oscillations; mais elles doivent être fortlentes à cause de la petitesse de la force : il peut donc arriver quele côté qui devroit toujours regarder la Terre soit dirigé seule-ment dans le foyer supérieur, ne pouvant pas en être retiré assez vitepour être sans cesse ramené vers la Terre ( Liv. III, prop. 38 ). On
f iourroit objecter à cette explication que le Soleil n’a point alorigéa Terre, malgré son attraction ; mais sans doute c’est parcequ’elleavoit reçu un mouvement de rotation bien plus rapide que celui dela Lune.
33o 2. Il paroît donc que l’équateur lunaire doit être alongé dansle sens du diamètre qui va de la Lune à la Terre ; mais la rotationde la Lune autour de son axe doit aplatir ce même globe du nord ausud, en sorte que la Lune doit être un sphéroïde aplati par les pôles, et
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