33 o ASTRONOMIE, L I V. XX.
que ces montagnes'avoient une lieue de-hauteur. En effet, soit SBM( fig. 279 ) le rayon qui vient du Soleil et qui éclaire la Lune enquadrature, BE le côté éclairé, BH le côté obscur, HM une mon-tagne lunaire : quand le rayon BM commence à éclairer le sommetM, si BM = ^ du rayon, ou la tangente BM = 0,07692, la sécanteTM sera 1,002963, comme on le peut voir dans les tables ordi-naires où sont les tangentes et les sécantes ; donc la hauteur perpen-diculaire HM est égale à ou ^ du rayon: or le rayon de la Luneest^d e celui de la Terre ( 1702 ) : multipliant donc le rayon de laTerre 3270000 toises par^et par 5^, on a 2640 toises, c’est-à-dire plusd’une lieue commune de France. Riccioli en trouvoitde 3 à 4 lieues(I, 208, 234 )- M. Herschel s’occupa, en 1780, de ces observa-tions , en employant un télescope de 6 pieds, et il ne trouva pasplus de i5oo toises ( Philos . Trans. 1780): ce furent les premièresobservations de ce célébré astronome qui nous a donné depuisdes découvertes si curieuses.
3335. Galilée supposoit au contraire cette hauteur encore plusgrande ; car il disoit avoir observé la distance BM des points lumi-neux de -’ 0 du rayon de la Lune (Sid. Nunc. ,pag. 23) : mais on doitpréférer à cet égard les observations d’Hevelius. Dans ses phases3o, 3i et 32, (|uise trouvent aux environs de la seconde quadrature,8 à 9 j. après lopposition , on trouve les plus grandes distances qu’ilait jamais observées entre la ligne de lumière et ces sommets les plusélevés ; tels sont ceux qu’Hevelius appelle Morts Apenninus ( ouAratus), situé à 2 minutes au midi d’Archiinede; Mous Didjmus( ou Albategnius ), 3 minutes et demie au sud-ouest du centre de laLune ; Mous Taurus , qui est une chaîne de montagnes situées en-viron 5 minutes au nord-ouest de Tycho. Ce sont là les plus hautesmontagnes de la Lune ( Hev. , p. 266 , 3q4 )•
3336. On distingue les montagnes en forme de dentelures sur lebord obscur de la Lune dans les éclipses de Soleil, sur-tout à lapartie australe ( Mémoires 1760 , pag. 554 » 1 77 1 ’ P a 8 - 1 4 )• Onles voyoitfort bien aussi dans l’éclipse du 4 juin 1769.
3337. Langrenus , dans sa Sélénographie, en i 632 , proposoitdedéterminer les longitudes par les momens où les montagnes de laLune commencent ou finissent d’être éclairées. Riccioli II, 610.
3338. Il paroît que parmi les montagnes delà Lune il y a autantd’hétérogénéité que dans les nôtres; quelques unes sont d’une ma-tière plus dense et réfléchissent plus fortement la lumière ( Hevel.Selenog., pag. 352 ) : cela ne doit pas venir de leurs différentes hau-teurs , car au temps de la pleine Lune elles sont toutes également