34& ASTRONOMIE, LIV. XX,
anses qu'arrivent leurs plus grandes digressions; et même la ma-niéré la plus commode d’observer leurs longitudes est de marquerleurs passages par la ligne des anses. Mais on a remarqué quel-ques écarts dans cette réglé.
3371 . L’élévation du Soleil au-dessus du plan de l’anneau estplus aisée à calculer que celle delà Terre. Supposons le Soleil en C( Fig. a83 ), l'arc CD perpendiculaire sur l’anneau VSA est la dis-tance du Soleil au plan de l’anneau; CS est la distance héliocen-trique de Saturne au nœud S ( 5 S 20 ° 38' ) mesurée sur l’orbite deSaturne MCSN : or R ; sin. CS ! ! sin. 3o° ! sin. CD, c’est l’élé-vation du Soleil sur le plan de l’anneau..De là on conclut aisémentla figure de l’anneau vue du Soleil.
L’on peut réduire les observations que l’on en fait sur la Terre àcelles qui seroient faites dans le Soleil ; et lorsqu’on choisit des ob-servations faites dans les temps or'r le lieu de Saturne vu du Soleilest à 2 ’ 20 ° 38' ou à 8 ’ 20 ° 38', on a la plus grande élévation possibledu Soleil sur l’anneau , qui est égale à l’inclinaison ; c’est ainsi qu’ona trouvé cette inclinaison de 3o° sur l’orbite; on en a conclu celle del’anneau sur l'écliptique 3i° 20 ' ( 336i ).
3372 .11 me reste à faire sur l’anneau de Saturne quelques réflexionsannoncées dans la définition ( 3349 , 335o ) , et qui supposent lesobservations précédentes. J’ai dit que l’anneau est fort mince :en effet quand il est dirigé vers le Soleil et qu’il n’est éclairé quepar son épaisseur, nous n’y voyons aucune lumière ; et quand il estdirigé vers nous de sorte qu’il ne nous présente que son épaisseur,nous ne le distinguons point, parcequ’une épaisseur de 800 lieuesne nous paroîtroit que d’une demi-seconde. Il est vrai qu’on dis-tingue sur Saturne l’ombre de l’anneau, dans le cas même où l’an-neau ne paroît point : cela fit croire à Huygens que l’anneau avoitune épaisseur sensible, mais qui réfléchissoit peu de lumière. Onpourroit cependant expliquer cette ombre que nous appercevons surSaturne sans cette supposition ; en effet quand l'anneau dirigé versle Soleil est éclairé par son épaisseur, la Terre, n’étant pas exacte-ment dans le plan de l’anneau , le voit obliquement projeté sur Sa-turne en forme de bande obscure plus considérable que l’épaisseurde l’anneau. Quand l’anneau, dirigé vers la Terre, ne nous présenteque son épaisseur, nous ne le voyons point, mais le Soleil l’éclairealors obliquement, de sorte que l’anneau répand aussi sur’Sa turne uneombre plus considérable. Il faudroit que l’anneau passât en mêmetemps par le Soleil et par la Terre pour qu’on pût décider queson épaisseur ne jette pas d’ombre sensible sur Saturne-; ce qui ne