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Tome troisieme.
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ASTRONOMIE, LIV. XX.

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DE LA PLURALITÉ DES MONDES,

3376. La ressemblance que l'on a vue entre les planètes et laTerre dans le cours de ce livre, nous conduit aussi à parler de leurdestination : les plus grands philosophes ont pensé qu'elles étaientdestinées à recevoir des êtres vivans comme nous, et qu’elles étaienthabitées. La pluralité de mondes se trouvoit déjà dans les Or-phiques ; ces anciennes poésies grecques attribuées à Orphée ( Plut,de Plac. phi/. L. 2, c. i 3 ). Proclus nous a conservé des vers danslesquels on voit que l’auteur des Orphiques mettait des montagnes,des hommes et des villes dans la Lune. Les Pythagoriciens, tels quePhilolaüs, Nicétas, Heraclide, enseignoient que les astres étaient au-tant de mondes {Plut. L. 2 , c. , i 3 et 3 o), Acb. Tat. ,lsag. adAr.phœn. c. 10; Diog. Laërt. inEmp.), Plusieurs anciens philosophesadmettaient même une infinité de mondes hors de la portée de nosyeux. Epicurc, Lucrèce (Liv. 2, v. 1069), tous les Epicuriens,étaient du même sentiment -, et Métrodore trouvoit qu’il était aussiabsurde de ne mettre qu’un sei)l monde dans le vide infini, que dedire qu’il 11e pouvoit croître qu’un seul épi de blé dans une vastecampagne ( Plut. L. 1. , c. 5 ) : Zenon d’Elée , Anaximen.es, Anaxi-mandre, Leucippe, Démocrite, lesoutenoient de même. Enfin ilyavoitaussi des philosophes qui, en admettant que notre monde étaitunique, donnoient des habitans à la Lune -, tels étaient Anaxagore{Macroh, Somn. Scip. L. 1, c. 11), Xenophane ( Cic. Ac. qu. L. 4);Lucien ( Plutarque de Oracul. defectu; de J a cic in orbe Lunae ). Voy.Eusebe {Pracp. Evang. L. i 5 , c. 3 o, p. 839 ), Stobée {EclogaePhys.L. 1, pag. 62 ). On peut voir une liste très ample des anciens quiont traité de la pluralité des mondes dans Fabricius ( Bibliot. Gr.tom. 1, c. 30 ), et dans le Mémoire de Bonamy {Acad, des Inscrip.tom. IX ).

Hevelius en paroissoit aussi persuadé en 1647 ’ lorsqu’il parloitde la différence des habitans des hémisphères de la Lune. Qubdsiin Luna dentur res creatae vivantes, illae quae habitant in hemi-sphaerio Lunae patente et aperto Terras , ratione luminis, sunt mê-lions conditionis quàm illae quac colunt hemisphacrium Lunae no-bis abscondituni ac latens { Selenog., pag. 294 ) ; il les appelle S cle-ni tae , et il examine assez au long tous les phénomènes qui s'obser-vent dans leur planete, à l’exemple de Kepler, Astron. lunaris.On trouve aussi des détails de cette astronomie comparée à la fin