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Tome troisieme.
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4 10 ASTRONOMIE, EIV. XXII.

« possibilité ni contradiction, on peut librement examiner si les<c phénomènes la prouvent ou non ; car dès lors l’attraction n’est plus« qu’une question de fait, et c’est dans le système de l’univers qu’il« faut aller chercher si elle est un principe qui ait effectivement lieu« dans la nature. Or certainement il n’y a point d’impossibilité mé-« taphysique ni de contradiction dans la loi de l’attraction ; c’est-à-« dire que rien ne démontre la proposition contradictoire : Les corps« célestes ne s’attirent point. Je me flatte qu’on ne m’objectera pas« que cette propriété dans les corps, de peser les uns vers les autres,« est moins concevable que celles que tout le monde y reconnoît. La« maniéré dont les propriétés résident dans un sujet est toujours in-« concevable pour nous; on ne s’étonne point de voir un corps en« mouvement communiquer ce mouvement à d’autres corps ; l’habi-« tude qu’on a de voir ce phénomène empêche qu’on en voie le« merveilleux ; mais au fond la force impulsive est aussi peu conce-« vable que l’attractive. Qu’est-ce que cette force impulsive? Com-te ment réside-t-elle dans les corps? Qui eût pu deviner qu’elle y ré-« side avant que d’avoir vu les corps se choquer?

« L’existence des autres propriétés dans les corps n’est pas plus« aisée à concevoir, et nous sommes par-tout obligés de supposer« des loix primitives dont nous ne connoissons ni la cause ni l’origine;* leur existence est la seule chose qui soit du ressort de l’esprit hu-« main, mais sur-tout de la géométrie .33

353 1 . Supposons donc l’existence de l’attraction universelle, etcherchons les effets qui doivent en résulter; leur accord avec les phé-nomènes observés et connus nous fera voir par-tout la certitude etl’évidence de cette loi.

Nous supposerons , comme il est naturel de le faire , que 1 attrac-tion est proportionelle à la masse ou à la quantité de matière qui at-tire : on ne peut pas le démontrer par les faits, car nous ne pouvonsjuger de la quantité de matière que parle poids ou l’attraction ; maisà moins qu’on ne pût démontrer le contraire , on est obligé de sup-poser que chaque particule de matière est douée de la même pro-priété, c’est-à-dire que l’attraction de deux particules sera doublede l’effet d’une seule, et qu’en général l’attracLion est proportio-nelle à la matière qui attire.

La force avec laquelle une planete est attirée ne dépend point dela masse de cette planete attirée : l’expérience le prouve, puisquelesgrosses masses tombent avec la même vitesse que les petites. Oncomprend d’ailleurs que si une seule particule de matière est attiréeavec une force quelconque, toutes les particules qui seront auprès