DU FLUX ET DU REFLUX DE LA MER. 520
sique, cette marée doit être diminuée par l’inertie des eaux, par le dé-faut d’étendue des mers, par la résistance et le frottement du fond :aussi quoique l’effet du Soleil soit joint à celui de la Lune , trois fois
f )lus fort clans certains temps, la marée totale n’est que de 5 pieds dançes mers libres , comme à l’isle de S"-Ilélene , au Cap de Bonne-Espé-rance , aux Phippines, aux Moluques, et dans la mer du Sud : maiselle est souvent augmentée par l’obstacle et la situation des côtes,puisqu’à S. -Malo il y a jusqu’à 5 o pieds de marée.
3774. Ce n’est pas précisément vers le Soleil ou vers la Lune qu’estdirigé le sommet de cet ellipsoïde aqueux, car 011 observe que la ma-rée n’arrive qu’environ 2 h j après leur passage au méridien dans lesmers libres; c'est ainsi que la Caille l’a observé au Cap (Mcm. acad.ij 5 i) ; M. Maskelyneà 2^à l’isle de S"-IL lene (/ 7 i/ 7 . Trans. 1762).C’est en Poitou 3 h , en Bretagne 4 h , à S.-Malo 6 h , à Caen et auHavre 9 h , à Dieppe io h L à Dunkerque r2 h . L’inertie des eaux et larésistance du fond produisent ce retard ; le flot ne fait que 20 lieuespar heure sur nos côtes, et la même marée qui devroit arriver le ma-tin à Dunkerque n’y arrive que le soir; celle du matin appartient aujour précédent. L’heure de la pleine mer, le jour de la nouvellelünê, s’appelle; Y établissement du port; on en trouvera la table pourtous les pays, dans les livres de navigation, tels que ceux de Bouguer,de Robertson , et dans mon Traité (lu Flux et du Re/lux de la mer.
Il paroît aussi par les marées de chaque mois que le sommet dusphéroïde aqueux, au lieu d’être dirigé vers l’astre attirant, reste enarriéré d’environ 20°, et que les effets n’arrivent qu’un jour et demiaprès la cause qui les produit ( Traité du Flux, pag. 44 , 46).
3775. Dans une ellipse peu aplatie , les excès des rayons sur lepetit demi-axe sont comme les carrés des sinus des distances au petitaxe (2693) ; ainsi le sphéroïde aqueux faisant successivement, avecle Soleil, tout le tour de la Terre , les pays situés sous le grand axeseront inondés; ceux qui seront sous le petit axe auront basse mer,et la différence entre la basse mer et la hauteur de l’eau pour un mo-ment quelconque sera la différence entre le rayon qui passe au lieudonné, et le petit axe de l’ellipse.
La hauteur de la marée au-dessus des basses eaux, en un lieu quel-conque , est donc égale à la plus giande hauteur de l’eau multipliéepar le carre du cosinus de la distance de l’observateur au sommet del’ellipsoïde, qui, suivant notic théorie, est de la distance entre lezénit du lieu et l’astre qui produit la marée , en supposant l’ellipsoïdediiigé à 1 astre même; ainsi la plus liasse mer arrive quand l’astreest à l’horizon, et la plus haute mer quand l’astre est au méridien.
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