DU FLUX ET DU REFLUX DE LA MER. 5lS
peut transporter la masse des eaux de la mer d’environ un pied et de*ini à Brest plus haut ou plus bas que sa situation naturelle, tandis quel’action de la Lune s’exerce sur ce volume ainsi déplacé , et produitune marée d’une grandeur ordinaire ( Traité du Flux, pag. 104).
J’ai fait voir aussi, d’après un grand nombre d’observations et detémoignages, que les marées extraordinaires, ou les plus fortes, nesont pas arrivées dans les équinoxes ( Traité du Flux, pag. 88 et 89) ;mais M. de la Place trouve, d’après la théorie des oscillations desfluides, que les marées des équinoxes doivent être les plus grandes ,par une raison semblable à celle qui rend presque égales les deuxmarées d’un même jour (Mém . 1775, pag. 170) : et les observationsparoissent confirmer cette théorie; car en prenant, parmi la collec-tion d’observations que j’ai publiées, l’étendue des marées quatre foisà chacune des deux syzygies qui avoisinent chaque équinoxe etchaque solstice, M. de la Place trouve, pour la marée moyenne deséquinoxes à Brest, deux pieds de plus que pour celle des solstices.
3780. Les marées dépendent des attractions du Soleil et de laLune. Dans les syzygies, c’est-à-dire les nouvelles lunes et lespleineslunes , le sphéroïde aqueux produit par la force du Soleil, et celuiqui est produit par la force de la Lune, sont dirigés dans le mêmesens; ainsi l’alongement du sphéroïde est égal à la somme des alon-gemens que le Soleil et la Lune sont capables de produire séparé-ment; mais dans les quadratures, les axes de ces deux sphéroïdessont à angles droits, et le grand axe du sphéroïde solaire augmente lepetit axe du sphéroïde lunaire. Ainsi les marées des syzygies sont lasomme des effets du Soleil et de la Lune, tandis que les marées de laquadrature sont la différence. Les hauteurs des marées peuventdonc nous faire connoître le rapport des forces du Soleil et de laLune. Bernoulli apprit qu’à S.-Malo la mer varioit de 5o pieds dansles marées moyennes des syzygies, et de i5 pieds dans celles desquadratures ; il en conclut que le rapport des forces du Soleil et dela Lune étoit celui de 7 à 13 ; et, après avoir examiné diversesobservations, sur-tout les intervalles des marées (3782), il jugea quela force de la Lune est 2 1 fois celle du Soleil dans les moyennes dis-tances.
J’ai calculé un grand nombre de hauteurs des marées faites à Brest;j’ai trouvé par un milieu que les marées moyennes sont de i8 pL 3 po-dans les syzygies, et 8 l ' u 5 p0, pour les quadratures ; ainsi l’effet du So-leil est de 4 pu 1 i p0 -, celui de la Lune i3 pi - 4 P °’, c’est-à-dire 2,7 par rap-port à celui du Soleil ; mais la nutation observée donne une force pluspetite (3735, 3742).