LONGITUDES EN MER. 653
Lune pour un moment quelconque, en observant sa distance à uneétoile , et de calculer par les tables le moment où la Lune a dû être àce point-là pour le lieu duquel on compte les longitudes ; ce qui donnela longitude du lieu où l’on a fait l’observation.
Kepler parla aussi beaucoup de cet avantage de la Lune ( Tab.,Rudolph., pag. 37 et 42); et après luiLongomontanus ( Astron. Dan.,pag. 3 18, édit, de 1640).
4170. Morin, professeur royal de mathématiques et médecin deParis , corrigea la méthode indiquée par Képler ; il la rendit plus gé-nérale et la proposa au cardinal de Richelieu; celui-ci ordonna, le 6février i 634 , que la méthode de Morin seroit examinée, et il nommades commissaires mathématiciens , Pascal, Herigone , Mydorge ,Boulenger et Beaugrand : ils s'assemblèrent à l’Arsenal le 3 o mars ;et après avoir entendu les démonstrations de Morin, ils convirentde la bonté et de l’utilité de sa méthode ( Long. Scientia , pag. 79 ) ;mais le 10 avril ils prononcèrent que l’idée n'étoit pas assez neuve,ni les tables assez parfaites pour qu’on prie dire que Morin avoit trou-vé les longitudes ( ibid., p. 1 r 5 ). Hérigone le réfuta dans son Coursde mathématiques, à la fin de rHistiodromie; et l’imperfection destables a continué jusqu’à ces derniers temps d’être un obstacle à l’u-tilité de cette méthode.
4171. Halley, aussi habile navigateur que célébré astronome }avoit jugé , par sa propre expérience, que toutes les méthodes pro-posées pour trouver la longitude en mer étoient impraticables, ex-cepté celle où l’on emploie les mouvemens de la Lune; en consé-quence, H avoit fait tous ses efforts pour surmonter les difficultés quis opposoient a 1 usage de cette méthode : il avoit proposé d’observerles appulses ou les conjonctions de la Lune aux étoiles ( Astr. Carol1710, append ., pag. 67 ) ; mais les tables ne représentoient pas avecune exactitude suffisante les nrouvemens observés : il songea à lescorriger par le moyen de la période de 18 ans ( 1 Soi ) ; il publiameme plusieurs observations de la Lune qu’il avoit faites ; il espéroittrouver parmi celles qui se faisoient sans cesse à Greenwich et à Paris,lorsqu on les publieroit, une suite d’observations suffisantes pourprédire en tout temps le lieu de la Lune ; il assurait même déjà quetoutes les fois qu’il avoit pu appercevoir une étoile près de la Lune ,il avoit déterminé sa longitude et corrigé les erreurs inévitables dans1 estime pendant un long voyage. Dans la théorie physique de laLune dressee par Newton, et dont Ilalley venoit d’avoir connois-sance, les défauts des tables étoient tellement corrigés, « qu’on es-