PRÉFACE.
VII
bibliothèque amusait beaucoup Voltaire, qui Vendevinait pourtant pas les finesses : « On ne s’estjamais tant moqué, dit-il, de tous nos livres dethéologie, que dans le catalogue des livres quetrouva Pantagruel dans la bibliothèque de Saint-Victor. »
Plusieurs commentateurs avaient entrevu ousoupçonné les malices et les épigrammes qui secachent sous le manteau de ce catalogue, mais ilsn'ont pas pris la peine de les découvrir, ou plutôtils n'y sont pas parvenus. « Il y a dans Rabelais,dit Dufresny, quelques énumérations dont chaquemot porte son application bonne ou mauvaise ; lestitres de livres, par exemple, dont il composa unebibliothèque critique. On comprend bien qu’il peuty avoir, par rapport au temps de Rabelais, plusde sel que nous n’en sentons dans ces critiques ba-dines. » Jean Bernier, qui était plus rapproché dutemps où vivait Rabelais et qui pouvait avoir re-cueilli quelques échos de la tradition orale, n hésitepas à constater que la plupart des titres de livres,insérés dans ce catalogue, ont été fournis ou in-spirés par des livres qui existaient réellement àl’abbaye de Saint-Victor : « Le septième chapitre(livre II), dit-il dans ses Jugement et observa-tions sur la vie et les ouvrages de Rabelais, est uncatalogue de livres fait à plaisir sous le nom dela librairie de Saint-Victor, qui ne luiparoissoitpas si respectable, quoique aussi bien fournie quecelle du Roy, laquelle avoit esté rapportée du châ-