PRÉFACE.
XIII
de simple logique, qui a été négligée par tous lescommentateurs : ils oublient à chaque instantque le second livre de Pantagruel n’a paru qu'en\ 533, et que sa composition ne peut pas être bienantérieure a cette année-là , puisque l’arrivée deRabelais à Lyon date de tannée précédente, pen-dant laquelle il publia sa Chronique gargantuine,c’est-à-dire la première ébauche de son Gargantua.
Ce fut donc à la fin de l’année \ 532 ou aucommencement de b année \ 533, que Rabelais, reçubachelier de la Faculté de médecine de Montpellieret occupant déjà un poste de médecin au grandhôpital de Lyon, écrivit à la hâte, aux heuresde ses repas, les horribles et espouventables faictset prouesses du très-renommé Pantagruel, roy desDipsodes, filz du grand géant Gargantua. Il intro-duisit dans ce livre, d’après ses souvenirs ou d’a-près des notes recueillies sur place, le répertoiredes livres de la librairie de Saint-Victor , pour semoquer de ces livres , de leurs auteurs , des cha-noines qui les avaient rassemblés, et des lecteursordinaires de cette bibliothèque scolastique.
La dernière phrase du chapitre consacré à lanomenclature de ces beaux livres : « desquels aul-cuns sont jà imprimez et les aultres l’on imprimemaintenant en ceste noble ville de Tubinge , » cettephrase indique assez que Rabelais a fait par-fois allusion à des manuscrits anciens conservésdans la bibliothèque, ou bien à des ouvrages quiétaient alors sous presse et dont la publication