DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 61
pliants; mulier dignissima barris , a dit Horace.(Epod. lib. I, 12.)
8. Les Hanebawes des evesques.
Ce titre renferme bien des équivoques et des jeuxde mots, qui montrent avec quelle recherche demalice et d’esprit Rabelais avait composé son cata-logue de la bibliothèque de Saint-Victor.
La hanebane (en latin hyosciamus), que nousappelons aujourd’hui jusquiame, est une herbe dontles propriétés sont soporifiques et même vénéneuses.En outre, on nommait hanebane une vieille haque-née de parade.
Rabelais a voulu conserver les deux sens de cemot, en le rapprochant du nom d’un poêle médecincontemporain, Helius Eobanus , de Hesse, professeurde rhétorique à Nuremberg. Les poésies d’Eobanusétaient aussi estimées en France qu’en Allemagne;ses ouvrages de médecine avaient fait une vive sen-sation dans la faculté de Paris, connue dans celle deMontpellier. Rabelais devait bien connaître les unset les autres, qui se réimprimaient autour de lui,notamment la traduction des Psaumes de David envers latins : Psalterium Davidis toturn elegiaco car-mine, et un traité d’hygiène : Præcepta bonæ vale-tudinis conseivandæ (Parisiis, Sim. Colinæus, 1533,in-8).
De plus, Rabelais, dans ce titre de livre imagi-naire, a fait allusion à un épisode très-important dela vie d’Eobanus, qui rencontra en Pologne l’évêquede Poméranie et devint secrétaire affidé de ce prélat,