DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 75
ce pouvait être, et nous sommes forcé de conjec-turer que ce jeu consistait à imiter les béliers, lors-qu’ils se heurtent l’un contre l’autre la tête en avant.
Il ne serait pas impossible que, dans le BelinéenCourt , Rabelais ait eu la pensée de mettre en causele fameux Jacques Colin, abbé de Saint-Ambroise àBourges, et la traduction française que cet abbé pré-parait alors du Libro ciel Cortegiano du comte deCastiglione. Nous entrevoyons quelque analogie, non-seulement entre le nom de Colin et le belin , dont ona fait le beliné, mais encore entre le rôle que l’abbéde Saint-Ambroise jouait à la cour et la positionéquivoque d’un courtisan trompé , affiné. JacquesColin, secrétaire du roi, et comme le dit un con-temporain : ob ici regis lateri affixas (voy. la note deLa Monnoye, à l’article de J. Colin, dans la Bibl.franc, de La Croix du Maine), se flattait d’avoirassez de crédit pour amener François I" à protégerouvertement les novateurs et à entrer à son tourdans le parti de la Réforme; mais il fut étrangementmystifié et beliné , en voyant le roi se prononcer avecéclat dans le sens contraire, et ordonner des pour-suites rigoureuses contre les luthériens. JacquesColin eut bien de la peine à sauver ses amis, no-tamment Clément Marot, qu’il nommait son com-père. Remarquons aussi que depuis ce moment-làl’abbé de Saint-Ambroise tomba en disgrâce, et se vitsupplanté, par conséquent beliné auprès du roi, parle jeune Pierre du Chastel, qu’il avait produit à lacour de France.
C’était François I er lui-même qui avait invité sonsecrétaire à traduire en français le Cortegiano , et
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