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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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et moralles, par conséquent pour les faire coheri-tiers de Jesu-Christ expressément nobles et géné-reux. Lourdement forgé et rudement limé par noblehomme fraire (sic) Antoine du Saix, commandeurde Sainct-Antoine en Bresse. Sa?is nom (Paris ,Geoffroy Tory), 1532, in-4. »

Cet ouvrage, en vers, dont le sujet comprendl’éducation des princes et celle des enfants, renfermede très-vives sorties contre les hérétiques. Il n’en fal-lait pas davantage pour tourner Rabelais contre l’au-teur, qu’il connaissait personnellement, pour l’avoirrencontré chez les frères du Bellay. On trouve, eneffet, à la suite de l'Es per on de discipline, desépîtres à Guillaume du Bellay, seigneur de Langey,et à Jean du Bellay, évêque de Paris, qui n’é-tait pas encore cardinal. De plus, dans ces épîtresoù Antoine du Saix fait l’éloge de plusieurs poèteset savants contemporains, Rabelais n’est pas nommé.On est donc certain que la bonne intelligence nerégnait pas entre eux à cette époque. Rabelais aremplacé plaisamment le mot de discipline par celuide four mage, se rappelant que l’auteur était deBourg en Bresse où l’on fabriquait alors commeaujourd’hui plus de fromages que de livres.

Quant au sens figuré de l'Eperon de Four mage ,il est d’autant plus aisé à comprendre qu’on ditencore proverbialement que le fromage excite lafaim et anime la soif. Toutes les fois que Rabelaisdécrit un repas, il ne manque pas d’y faire figurerle'fromage parmi les compulsoires de beuvettes . Onle mangeait alors à l’entrée de table et comme pouraiguiser l’appétit : de là sans doute le vieux dicton