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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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ce sorbonniste n’étant apparemment pas plus sobreque ses collègues, « Rabelais l’introduisit ici ensei-gnant publiquement X Art de faire des boudins ,c’est-à-dire le moyen de farcir les boyaux en man-geant et buvant à plaisir et à ventre déboutonné. »L’abbé de Marsy et d’autres commentateurs répètentà peu près la même chose; mais cette allusion à laprétendue gourmandise de Jean Major aurait besoind’être au moins justifiée.

Faire des boudins est une locution populaire quia plusieurs sens distincft : elle signifie, tantôt allerà la selle d’une manière satisfaisante, tantôt pro-duire des ouvrages sans valeur jetés dans le mêmemoule comme des excréments, tantôt enfin répandrele sang humain. Rabelais peut avoir appliqué cesdiverses acceptions au vieux dicton proverbial, qu’ila transformé en titre de livre.

Ainsi, Jean Major avait rédigé des commentairessur les Sentences de Pierre Lombard, et ces volu-mineux commentaires, connus dans l’Université,sous le nom générique de Sophisticaliaparisiensia,avaient été imprimés à Paris, de 1509 à 1517. Lesquatre volumes in-folio qui composent cette glosesur les quatre livres de Pierre Lombard pouvaientpasser pour de longs boudins farcis de mille choses(sophisticalia ), non pas inodores, car ils sentaientl’école d’une lieue. Rabelais ne traitait pas mieuxla glose de Major sur les Sentences de Pierre Lom-bard , que celle d’Accurse sur le texte des Pan-dectes : <f La bordure d’iceux, c’est assavoir la glosed’Accurse est tant salle, tant infâme et punaise, quece n’est qu’ordure et villenie. » Ch. 5 du liv. II.