DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 109
Mais l’ouvrage que Rabelais désigne plus particu-lièrement, comme un traité sur la manière de fairedes boudins, c’est le dernier livre de Jean Major,dirigé contre les hérétiques, puisque la conséquencede ce livre était la mort sanglante de ces criminelsde lèze-majesté divine. Yoici le titre du réquisitoireauquel Rabelais semble rapporter les persécutionsreligieuses qui firent plusieurs victimes, entre autresl’illustre Louis de Berquin :
« Johannis Majoris Hadingtoni, in quatuor Evan-gelia expositiones et dispu&tiones contra hæreticosplurimæ. Parisiis, apud Jodocum Badium Ascen-sium, 1529, in-fol. »
39. La Cornemuse des Prelatz.
Rabelais cite encore ce même ouvrage, dans le pro-logue du liv. Y de Pantagruel , où il l’attribue à unvénérable docteur ; il en cite même des vers qui res-semblent assez aux quadrains de Michel de Nostrada-inus, lesquels ne furent imprimés que vingt ou vingt-deux ans plus tard. On pourrait donc supposer quec’est le titre réel d’un livre, aujourd’hui perdu ; maisce livre-là ne pourrait être qu’une facétie, comme leCornementdes cornardz, publié, en 1831, d’aprèsun ancien manuscrit, et nous aimons mieux croire àune équivoque ingénieuse imaginée par Rabelais.
La cornemuse est un instrument monotone, auxsons nasillards et discordants, qui devient bientôtinsupportable pour des oreilles musicales ; Rabelaisqualifie de cor nemuseurs hébraïques (\iv. II, chap. 1 )les massorets ou les commentateurs juifs de la Bible,