DE LA. BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 117
ses suppostz, à ce qu’ilz n’eussent plus à lire clandes-tinement de nuict la Pippe, le Bussart, ni le Quartdes Sentences, mais de beau plein jour, et ce èsEscholes de Feurre, en face de tous les artienssophistes. » C’éiait une audace inouïe que de com-parer les quatre livres des Sentences aux tonneauxdes vidangeurs de maître Fify, sobriquet qu’onavait donné alors à l’entrepreneur du service devidange des fosses d’aisances.
Quoique notre explication du titre des Pois aularl soit aussi satisfaisante que possible, nous nedevons pas perdre de vue que Rabelais avait souventl’idée de frapper à la fois sur plusieurs livres qu’ilconfondait dans un égal mépris. Ainsi, nous remar-quons que ce titre Des Pois est la traduction exactedu surnom d’un théologien célèbre, qui faisait beau-coup parler de lui, depuis qu’il avait publié sous levoile de l’anonyme son fameux Liber conformita-tum (Mediolani, per Gotardum Ponticum, 1510,in-fol.). Dans ce curieux livre, qui traite des confor-mités de la vie de saint François d’Assise avec cellede Jésus-Christ, nous voyons le saint faire péni tence,lorsqu’il avait mangé un ragoût accommodé aulard, cibaria condita cum lardo. Bartholomeo degliAlbizzi, auteur de cette bouffonnerie édifiante,signait ses ouvrages : Bariholornæus de Pisis:
L’ancien catalogue des Mss. de la bibliothèque deSaint-Victor nous apprend que les commentateursdu livre des Sentences remplissaient les pupitrescotés J., K. et L. Voici les noms d’une partie de cescommentateurs, dans l’ordre du catalogue : Thomasde Aquino, Durandus, Bonaventura, Petrus de