DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 1M1
Emulgences, que le facétieux bibliographe attribue àl’évêque Boudarin, c’est-à-dire à Jean Major, qui estdéjà nommé dans ce catalogue pour son prétendutraité: De modo faciendiboudinos . On voit que lenom de Boudarin peut être traduit par boudinier.
Rabelais, en mettant boudinarii au lieu de Bou-da ri ni., semble n’avoir pas voulu perdre une équi-voque sur le nom de Noël Beda, que Jean Majoravait eu pour professeur au collège de Montaigu.C’est à Beda que Jean Major, qui se regardait commel’humble élève de ce fougueux sorbonniste, dédie unde ses commentaires sur les Sentences, en lui disant :Auspiciis fuis, Beda eliam venerabilis, ad H'l. N.Standonch Mechliniensem adductus s uni, quo no-mine non parum tibi debeo. Ce fut Beda qui luiconseilla de se déclarer avec violence contre lesluthériens et de les poursuivre impitoyablement surle terrain de la théologie.
Jean Major, né en Ecosse, avait fait ses étudesdans l’Université de Paris, où son savoir et sonéloquence se distinguèrent en plusieurs circon-stances. Il ne devint pourtant pas évéque , commesemble l’annoncer cette qualification d ’episcopi, quiest ici une allusion au nom propre du personnage(Major), et qui signifie seulement le premier entreles théologiens et les faiseurs de boudins. Un de sescontemporains, Antoine Coronellus, le nommeTheologorum Parisiensium , ac philosophorumprincipem erninentissimum.
On devine que, dans la pensée de Rabelais, lesboudins de Jean Major, sont ses interminables glosessur les Sentences de Pierre Lombard :