DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 173
un titre de livre véritable, après avoir trouvé levrai sens des mots cabourne et briffaulx.
Rabelais nous apprendra lui-même ce qu’il entendfar briffaulx : « Les briffaulx vivent de nonnains, »dit-il dans le cliap. 33 du livre Y ; déjà il nous avaitraconté comment la nonnain sœur Fessue avait étéengrossée par le jeune briffault Dam Roydimet(liv. III, ch. 29). La définition de ce mot par LeDuchat est donc très-exacte : « Les briffaux, autre-ment' appeliez frères chapeaux parce qu’ils portentdes chapeaux au lieu de froc, sont des frères laisfondés en bref du Pape et entretenus par des reli-gieuses non rentées, afin de quêter pour elles. »Rabelais les appelle semi-brefs de bulles (liv. Y,ch. 27).
Quant à cabourne , tous les commentateurs se sontdonné bien du mal pour n’y rien entendre. LeDuchat, dans ses notes sur Rabelais, dit que c’estle cabron, morceau de drap fait en ovale que por-taient les capucins pendant leur noviciat ; de là « uneespèce de stupidité dans les novices de cet ordre. »Dans ses notes sur le Dictionnaire étymologique deMénage, il soutient que cabourne, venant de caput,doit signifier une espèce de capuchon réservé àcertains briffaux ou moines novices.
Nous nous fondons sur l’étymologie latine cabuset cabo, pour avancer que cabourne signifie plutôtfumier ou colombier ; dans la langue du treizièmesiècle, cabourne est une butte, un réduit, un chenil,rempli de fumier.
Quant au livre que ce titre rappellerait par uneanalogie assez éloignée, nous avons jeté les yeux sur