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de lui. En effet, on pourrait découvrir dans fague-nat les deux noms abrégés d’Ignatius et de sonmaître Pierre Faber, qui étudiaient ensemble aucollège de Sainte-Barbe et qui préparaient déjà lelivre des Exercices spirituels ( Exercitia spirilualia ),imprimé seulement dix ans plus tard. Rabelais àpeut-être voulu réunir le maître et l’élève dans lemot faguenat, composé de Faber et Ig/iatius, parcontraction.
Rabelais avait sans doute rencontré à Paris Ignacede Loyola, qui se faisait remarquer par sa misère et samalpropreté, lorsqu’il mendiait dans la rue accom-pagné de ses compagnons qui devaient être les pre-miers apôtres de la secte jésuitique : Jacques Laynez,Alfonse Salmeron, Nicolas Alfonse Bobadilla etSimon Rodriguez.
Fra Inigo apprenait la grammaire au collège deMontaigu en 1528, et, quoiqu’il fût âgé de vingt-sept ans, il se faisait donner le fouet, par humilité,en présence de ses camarades. Vers 1530, il suivaitles cours de philosophie au collège de Sainte-Barbe ;mais, dès cette époque, il était chef de secte et ilavait autour de lui des disciples qui écoutaient sesleçons. Ce fut le 15 août 1534 qu’ils prononcèrentleurs vœux dans l’église de Montmartre, hors Paris.
Rabelais, en signalant le Faguenat des Hespai-gnolz, accusait Fra Inigo de renchérir sur la saleté deses compatriotes, cagots, marranes ou marrabais,et mettait en relief les chausses malpropres de cetécolier de 27 ans, qui était fouetté à Montaigu. Aureste, les écoliers de ce collège étaient passés maîtresen fait de malpropreté, et Rabelais les compare aux