188
CATALOGUE
pour l’année 1533, signale avec mépris, dans cesecond opuscule, « un tas de Prognostications deLovain, faictes à l’umbre d’un verre de vin, » etinvite ses lecteurs à ne rien croire de ce que peuventdire « ces fols astrologes de Lovain, de Nurnberg,de Tubinge et de Lyon. » ün ne connaît aucun desalmanachs auxquels Rabelais fait ici allusion, si cen’est que La Croix du Maine a indiqué Olivier deGras ou Le Gras, docteur en l’Université de Lou-vain et astrologue, comme ayant « écrit plusieursPrognostications et Almanachs imprimés à Paris età Rouen en diverses années, scavoir est pour l’an1544, 1548, auquel temps il florissoit. »
Nous arrivons ainsi à démontrer d’une manièrepresque certaine que Rabelais a voulu parler de sonpropre Almanach, qui n’existe plus aujourd’hui, maisdont le titre nous a été conservé par Antoine Le Roy :
« Almanach pour l’année \ 533, calculé sur leméridien de la noble cité de Lyon et sur le climatdu royauhne de France, composé par moy FrançoisRabelais, docteur en médecine et professeur d’as-trologie. »
Le petit extrait que cite Antoine Le Roy, dans sesRabelæsiana elogia , d’après un exemplaire de cetAlmanach, qu’il possédait, ne se rapporte pas, il estvrai, aux^ goutteux et aux verdies, mais on doit pré-sumer que Rabelais, en prenant la qualité de doctèuren médecine sur le titre d’un almanach, ne pouvaitse dispenser de donner des conseils et des consolationsaux buveurs très-illustres (goutteux., par jeu demots), et aux véroles très-prétieux , pour lesquelsil avait fait imprimer son Gargantua.