DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 191
« Dévot et salutaire traité intitulé la Marchan-dise spirituelle utile et necessaire à tous marchandset marchandes et generalement à tous les chrestienset chrestieunes, divisée en sept régions spirituellesappliquées aux sept jours de la semaine. Paris ,Jean Saint-Denis , 1500, in-4 gotli. »
Rabelais ne peut pas avoir voulu rappeler unautre ouvrage, dont le titre se rapporte sans douteau Poulemart des Marchands , mais qui, ayant étéécrit par un luthérien ou novateur, n’aurait pas étéadmis dans la bibliothèque de Saint-Victor; en voicile titre :
« Le Livre des Marchans, fort utile à toutesgens, pour congnoistre de quelle marchandise on sedoit garder d’estre trompé : lequel a esté nouvelle-ment reveu et fort augmenté par son premierautheur, bien expert en tel affaire. Sans nom, 1534,petit in-8 gotli. »
Au reste, dès cette époque, le terme de mar-chands avait été pris au figuré par les novateurs,surtout par les sectaires de Calvin, pour désignerles hommes de bonne volonté qui marchaient dansla voie de l’Evangile et ceux que le Ramasseur , undes plus actifs apôtres de la nouvelle doctrine,entraînait à sa suite dans son voyage de mystérieusepropagande.
Quant au sens véritable du mot poule mart , il .signifie une ficelle très-solide, que nous nommonsfouet , et dont les marchands du Lyonnais et duDauphiné faisaient usage pour lier des paquets.Rabelais, dans le ch. 2 du premier livre, se sert del’expression : fil de poule mur ti