228 CATALOGUE
108 . Le Trictrac des freres Frapars.
[je titre de ce livre imaginaire nous paraît le chef-d’œuvre des équivoques rabelaisiennes. Il signifieproprement le traintrain ou trantran de la vie desmoines débauchés; mais, si nos suppositions ne sontpas trop problématiques, il voudrait dire bien autrechose, car il ferait allusion à un ouvrage sur le malde Naples et sur les divers phénomènes de ce vilainmal, que Rabelais savait traiter mieux que tous lesmédecins de Lyon.
On comprendra le sens mystérieux de trictrac, enlisant cette épigramme de J. B. Rousseau, dans la-quelle un confesseur examine les cas de conscienced’un débauché naïf qui feignait de ne pas savoir aujuste ce qu’il avait fait :
Certain François, habitant de Florence,
Se confessoit du péché de la chairA père Isac, qui lui dit : « Parlez clair :
Le cas est-il de Toscane ou de France ?Expliquez-vous, le point est important.
— Peu m’en souvient, dit l’autre en hésitanl ;
De nuit le tout s’est fait à l’aventure. »
Le confesseur, trouvant la chose obscure :
« Cela, dit-il, faisait-il rie ou rac?
— Rie, répondit le pénitent sincère.
— Parbleu, le cas, reprit le bon Isac, •
Est donc toscan, n’en doutez pas, compère, a
Le rie et le rac se trouvaient donc réunis dans letrictrac des frères frappars , et ce trictrac-là engen-drait souvent le ricqueraque qui caractérisait unulcère vénérien de la pire espèce. Rabelais nous a