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« Le Manuel des Daines, composé par un jeuneCelestin à la louange de Dieu, et au profit de cellesà qui s’adresse le présent escript. Paris , AntoineVerard , sans date (vers 1510), in-8 gotli., avecfig. »Rabelais a pensé aux Cymbales , en lisant le titre dece Manuel , quoique de son temps les dames jouassentdes cymbales autrement qu’avec les mains, commedans la soixante-onzième nouvelle des Cent nouvellesnouvelles , laquelle nous montre un mari « passantd’aventure par-devant la chambre où sa femmeavec le chevalier jouoient ensemble des cymbales. «On appelait autrefois cymbales de petites sonnettesde cuivre, avec lesquelles on produisait des sons dif-férents, qui composaient une harmonie musicale.La langue érotique s’était emparée de ce mot-là pourexprimer le concert de deux amants exécutant unesymphonie amoureuse.
Il y a un autre livre, très-célèbre au seizièmesiècle, qui venait de paraître alors, et que Rabelaisne devait pas estimer beaucoup, quoiqu’il en connûtintimement l’auteur, maître Jean Rouchet, dit leTt 'averseur des voyes périlleuses ; ce livre fasti-dieux, en prose et en vers, roule tout entier surl’amour de Dieu, accommodé avec les raffinementsde l’allégorie'et du mysticisme :
« LesTriumphes de la noble et amoureuse Dame,et l’art de honnestement aymer, composé p*r leTraverseur des voyes périlleuses. Poictiers, .JacquesBouchet , 1530,in-fol. gotli. »
Nous sommes presque sûr que ces triumphessont accompagnés de cymbales en l’honneur de lanoble et amoureuse Dame, qui n’est autre que l’Ame.