CATALOGUE
244
N acquêt était souvent synonyme de laquais, maisil désignait plutôt un petit garçon, un page, un en-fant malin, fourbe et adroit. Il se prenait presquetoujours en mauvaise part ou bien avec un senti-ment de dédain. On en fit le verbe nacqueter, termeplus expressif encore que voleter. On sait que les la-quais, qui se permettaient toute espèce de débauche,surtout la plus immonde, et qui étaient les piliers or-dinaires des bordeaux de Paris, trouvèrent rarementde l’indulgence devant les tribunaux, et furent sou-vent condamnés à faire leurs virevoutes à la potence.
Tels sont les aspects sous lesquels se présente ànous le titre du livre imaginé par Rabelais. À-t-i!voulu faire allusion aux marches et aux contre-marches des laquais? A-t-il seulement caractérisé cequ’on nomme des tours de page ? A-t-il représentépar une image très-caractérisée les vilaines mœursde la valetaille? A-t-il songé à nous montrer ces pe-tits coquins virevoltant au gibet ? Il est impossible defaire un choix entre ces explications aussi plausiblesl’une que l’autre.
Quant au nom de l’auteur, F. Pedebilletis, nousl’avons cherché en vain dans les anciennes biblio-graphies, et nous renonçons à le découvrir sous cedéguisement équivoque, où l’on peut voir l’inten-tion de rappeler les jeux de billes des enfants, et lacondition des valets de pied, même l’infamie despédérastes. Ajoutons, en passant, que, du temps deRabelais, un grand prévôt, nommé La Vouste , étaitla terreur des laquais et des mauvais sujets, qu’ilfaisait pendre en un tour de main.
Si Rabelais a joué sur le mot Pederaslus , dont il