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à Paris, mais ils n’ont rien de remarquable sous lerapport de l’écriture et des ornements peints. Rabe-lais ne veut pas sans doute parler de ces manuscrits,qui étaient déjà considérés comme inutiles et horsd’usage, à tel point qu’on les dépeçait souvent pourfaire des reliures de livres imprimés, lesquelles enoffrent encore de nombreux fragments. Il est ques-tion ici des nouveaux bréviaires que l’imprimerienaissante avait multipliés à l’infini.
Chaque ordre religieux, chaque communauté im-portante, chaque abbaye même, faisait imprimer, àses frais, un bréviaire à son usage. Nous devonsdonc nous étonner que l’abbaye de Saint-Victor n’aitpas eu comme les autres son bréviaire particulier,suivant la règle de saint Augustin. On peut supposerque les soixante-neuf bréviaires, qui avaient frappéles yeux de Rabelais dans la bibliothèque de cettecommunauté de chanoines réguliers, étaient non-seulement les premières édi tions du Brcviarium Ro-manum, mais encore tous les bréviaires spéciaux,la plupart sur vélin, de format in-folio et in-quarto,qui avaient été publiés en Europe depuis 1474 en-viron , date du plus ancien bréviaire, imprimé àMayence, par Pierre Schœffer. (Voy., dans la nou-velle édition du Manuel du. libraire, une savantenomenclature des principaux bréviaires.) Quant àla qualification de haulte gresse, que leur appliqueRabelais , il faut l’entendre de la grosseur desvolumes plutôt que de leur état de malpropreté,résultant d’un fréquent usage. Au reste, dans l’an-cien prologue du quart livre de Pantagruel, on t rouvela description d’un bréviaire fait en forme de flacon,