DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 269
savait si bien faire son chemin dans le monde, qu’onen avait fait un personnage et qu’on l’appelait maî-tre Jean Choart. Il a conservé sa véritable accep-tion dans le langage trivial et comique. On com-prend combien il était indispensable aux services queles Cordeliers rendaientà leurs pénitentes, commele dit cette épitaphe composée par Clément Marot ;
Cy gist qui assez mal preschoit,
Par ces femmes tant regretté,
Frere André, qui les chevauchoitComme un grand asne desbaté.
129 . La Pelleterie des Tirelupins, extraictede la Botte fauve incornifistibulée en laSomme angelique.
C’est-à-dire : La Doctrine de la secte des Tur-lupins, extraite du commentaire de saint Thomas,sur Boèce, introduit dans la Somme angélique.
Ceci est un titre de livre imaginaire, inventé parRabelais pour railler les écrivains de l’Eglise ro-maine, qui accusaient les novateurs d’être infectésde la doctrine infâme des Turlupins. Ces hérétiques,qu’au vit paraître en France sous le règne deCharles Y, furent accusés d’avoir voulu ressusciterla secte païenne des cyniques; ils prétendaient at-teindre la perfection morale et ils se livraient enpublic à tous les actes de la débauche la plus effron-tée, comme pour justifier le nom qu’ils avaientdonné à leur secte : La fraternité des pauvres. Onpeut donc rattacher à leurs vilaines habitudes uneexpression autrefois très-populaire ; car on disait :