DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 275
Les présidents du Parlement de Paris, assis surleur siège, avaient l’air d’autant plus majestueux,que leur gros ventre rebondissait sous leur simarrefourrée d’hermine. Ces gros ventres ou bedainess’appelaient aussi ventres à pou/aine.
Il est possible que Rabelais, en équivoquant surle sens littéral de bedon et bedondon , ait vouluindiquer que les premiers présidents, qui s’intitu-laient Messeigneurs du grand banc du roi, ren-daient leurs arrêts avec solennité, comme s’ilsbattaient un ban sur le tambour.
132. Le Vietdazouer des Abbez.
Ce titre de livre, qui fait une allusion indécenteà la licence des mœurs des abbés, nous paraît serapporter, par équivoque, à un petit livre mystique,souvent réimprimé en ce temps-là :
«Viat de salut, où estcomprins l’exposition des dixCommandemens, du Pater et de l’Ave Maria, in-struction pour soy confesser 1 , avec des oraisons et plu-sieurs autres devotes chansons, par Guillaume Parvi.Paris, Olivier Maillard, 1 538, in-8 gotb. »
La plus ancienne édition est celle de 1 532, citéedans le catalogue de Sepher.
Rabelais joue à la fois sur le titre du livre Viulet sur le nom de l’auteur Parvi, pour former lemot vietdazouer, qui signifie au propre visaged'une, de l’italien viso di asino, et au figuré l’attri-but naturel de la puissance asinaire, ce que semblerappeler ce vieux proverbe du quinzième siècle : Aqui est b âne si le tienne par la queue. Les Pro-