DE LA BIBLIOTHEQUE DE SAINT-VICTOR. 279
134. Cacatorium Medicorum.
C’est-à-dire : le Cacatoire des Médecins.
Nous avons été fort en peine de préciser l’ouvrageque Rabelais se proposait de ridiculiser sous ce titreburlesque, qui fait allusion aux conséquences lesplus matérielles de la médecine purgative. Aprèsavoir examiné différents livres imprimés avant 1 530*dont les titres renferment le mot medicorum , telsque : Johannis Ganiveti A mi eus medicorum (Lugd.,Jos. Cleyn, 1508* in-4), Pétri de Abano Concilia-tor differentiarum philosophorum et medicorum(Venetiis, Lucantonio Giunta, 1520, in-fol.), etc.,nous nous sommes arrêté à l’ouvrage suivant :
« Catalogus illustrium medicorum, sive de primismedicinæ scriptoribus, per Ot. Brunsfelsium. Ar~geutorati, apud Johannem Schotturn, 1530, in-4. »
Plusieurs fois réimprimé.
Rabelais avait lu certainement les nombreux ou-vrages de ce célèbre médecin, qui exerçait à Stras-bourg, où il mourut en 1534. Le titre bouffon souslequel le Catalogus medicorum est inscrit dans labibliothèque de Saint-Victor, fut inspiré sans doutepar celui que le rëlieur avait donné au volume, enmettant sur le dos ca, et peut-être caca, au lieu decata, pour Catalogus. On sait que de tout temps lesrelieurs ont été sujets à défigurer les titres de livres.
Au reste, le titre A.’ A mi eus medicorum a pu aussifournir à Rabelais, par analogie, son CacatoriumMedicorum , car, dans le ch. 5 de ce même livre II, ildit que les médecins « sentent les clysteres commevieux diables. » Il ne faut pas oublier qu’à cette