DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 281
passages de son roman satirique. Les traités théra-peutiques sur les urines ne faisaient pas défaut à labibliothèque de Saint-Victor.
135. Le Ramoneur d’astrologie.
Il est à peu près certain que Rabelais désigne ici,sous le nom pittoresque de Ramoneur cl' Astrologie,le savant philosophe du treizième siècle, RaymondLulle, ou plutôt l’inconnu, nommé Raymond, qui aécrit divers traités d’alchimie, d’astrologie, de ca-bale, qu’on avait attribués mal à propos à cet illustremartyr de la foi chrétienne.
Ces traités, qui étaient conservés manuscrits dansles bibliothèques, commençaient à voir le jour, avecou sans commentaires, sous le nom de RaymondLulle. On avait imprimé à Venise, chez George Ar-rivabene, en 1514, DesecretisNaturæ, seu dequintaessentia libellus, in-fol.; Corneille Agrippa avaitpublié l Ars brève, à Cologne, en 1531, in-8 ; onpréparait en Allemagne l’impression d’autres ou-vrages astrologiques et chimiques, du même auteur,que devait absorber la grande individualité religieuseet philosophique de l’apôtre de l’île de Majorque.C’est à partir de cette époque-là que se propage lafolle passion des sciences occultes, et que le nombredes adeptes s’accroît de jour en jour.
Rabelais ne pouvait manquer de protester contrecette folie humaine, et il s’en prend à ce Rarnon-tlus, dont il fait un ramoneur d’astrologie, pour lepunir de ce que l’Eglise romaine en avait fait unsaint. Le mot de ramoneur était nouveau dans la