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Ce que nous possédons des anciens, dans lasculpture et la littérature, nous donne une idéede la vulgarité de l’art le plus parfait, chez eux,et de ce que les temps et la barbarie des sièclesont détruit ou enseveli.
Que d’auteurs, et des plus illustres, mutilésou complètement disparus dans leur lutte iné-gale avec le temps : Tacite, Tite-Live, Sylla,Ménandre , Philémon , Eschyle , Euripide,Sophocle, Cornélius Nepos, Archimède, et tantd’autres ; enfin toutes les littératures assyrienne,égyptienne, punique et des temps antérieurs àHomère.
La peinture et la sculpture des anciens ontencore plus souffert; la première est presqueentièrement perdue : de l’autre, nous avonsquelques chefs-d’œuvre inimitables arrachés, çàet là, aux entrailles du sol, où tout l’art antiquegît enseveli. Cet art, dans sa plus belle perfec-tion, était vulgaire; chaque ville, chaque familleavait ses chefs-d’œuvre; et on ignore mêmejusqu’aux noms des sculpteurs dont on découvre,de temps à autre, les inimitables ouvrages.
Quelquefois un fragment littéraire ou artistiqueretrouvé vient raviver tant de regrets.
Ainsi, récemment, une vie d’Auguste écrite