LES FORÊTS
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jette d'un seul coup toute sa chaleur et, à ce titre, par-tage avec le Bouleau la faveur du boulanger. Mention-nons encore l’If, dont le bois rougeâtre, dense, durci parune croissance très lente, est recherché du tablettieraussi bien que du charpentier et du charron, et le Gené-vrier, l’humble abrisseau des sols arides et pierreux,presque toujours rabougri, difforme, tortueux, dont onestime pourtant le bois, agréablement veiné et nuancé,pour les ouvrages de tour et de marqueterie.
Un grand nombre de bois exotiques fournissent d’inap-préciables ressources à l’ébénisterie : tels sont l’Acajou,le Palissandre, le bois de Rose, l’Ébène, le bois d’Âma-ranthe, le bois Citron, le bois de Santal citrin, le boisViolette, le bois de Grenadille, le bois de Sassafras, lebois satiné, et bien d’autres, si nombreux qu’il faut re-noncer à les nommer.
Nous ne passerons pas sous silence l’heureuse propriétéqu’ont les bois de se laisser pénétrer par des substancesqui les préservent de la décomposition et leur commu-niquent ainsi des qualités dont la nature ne les avaitpas doués. Fournissez à un arbre vivant un liquide anti-septique : il l’absorbera comme il absorbe les sucs dela terre, par ses racines, puis par ses vaisseaux ; il s’enimprégnera jusqu’au cœur. C’est ce qu’a imaginé et misen pratique, dès 1858, M. le docteur Boucherie. Depuis,le même inventeur a employé un procédé plus expéditifet moins dispendieux : l’arbre abattu et coupé en tron-çons de la longueur voulue, on adapte à l’un des boutsde la pièce de bois, revêtue de son écorce, une enveloppede toile imperméable, qu’un tube de caoutchouc met encommunication avec un réservoir placé à environ dixmètres de hauteur; le liquide, chargé de son propre poids,presse sur la surface poreuse du bois, y pénètre etchasse de proche en proche la sève, qui s’écoule parl’extrémité opposée. Non seulement ce liquide conserva-teur, qui est généralement une dissolution de sulfate de