LES FORETS
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Quand les arbres d’une coupe ont été abattus, équarris,débités en pièces de dimensions diverses, selon l’usage au-quel on les destine, les branchages que la serpe a d’abordélagués ne restent pas sans emploi : les plus forts sontconvertis en charbon, les autres liés en bourrées. Par lacarbonisation on se propose de débarrasser le bois desmatières pesantes, inertes, qui le chargent inutilement,pour ne conserver que l’élément essentiel, producteur dela chaleur, le carbone. Chacun a vu, dans les bois, àproximité des routes, de ces places rondes, dépourvuesd’herbe et noircies par une couche épaisse de menuebraise : c’est l’emplacement d’anciens fours à charbon,et c’est celui qu’on choisira de préférence pour en établirde nouveaux, le sol s’v trouvant tout préparé et dans debonnes conditions de sécheresse et de fermeté. L’opéra-tion demande plus de soin et d’habileté qu’on ne le suppo-serait. Les ouvriers commencent par dresser la meule, etc’est une véritable construction. Au centre de l’aire, ilsplantent un longpieu, dont ils enveloppent la base de quel-ques brassées de brindilles et de copeaux; puis ils placentle bois tout autour, d’abord debout, en l'inclinant unpeu vers l'axe central, et ils superposent deux ou troisétages de ces bûchettes dressées; ensuite ils posent lesautres à plat, une à une, en ordre et de façon à ce qu’ellesforment les rayons d’un cercle. Sur ce premier plancherils empilent de nouvelles couches horizontales, en ayantsoin de remplir les moindres intervalles avec du menubois pour ne laisser aucun vide, et en diminuant suc-cessivement le diamètre des couches supérieures, ce quidonne à l’édifice la forme d’un dôme. Enfin on recouvrela meule d’un revêtement de ramilles, de feuillages, demousse, sur lequel on applique enfin un crépi de terreet de sable. Sur le pourtour et à la base de cette enve-loppe imperméable, on ménage, à intervalles égaux, desouvertures pour l’admission de l’air.
La meule est faite, il faut l’allumer. Le pieu central