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Les forêts : ouvrage illustré de 43 vignettes / par E. Lesbazeilles
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LES FORÊTS

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tenace, au grain serré et homogène, à la fibre nerveuseet résistante, ne peut, être, obtenu qu’au moyen du char,bon de bois. Si les fers à la houille se payent 140 ou 150francs la tonne, les fers au bois, ceux par exemple quel'Angleterre tire de la Suède pour obtenir ses fameux aciersde Sheffield, se payeront jusqu’à 800 francs.

Le bois d'industrie et le bois de feu ne sont pas lesseuls produits des forêts. Nous leur devons encore diversesmatières qui sont devenues pour nous des objets de pre-mière nécessité, et parmi lesquelles certaines écorces etla résine se placent au premier rang.

Personne n’ignore que l’écorce du Chêne sert au tan-nage des peaux : l’acide tannic/ue qu’elle contient secombine avec la gélatine de la peau, et la transforme enune substance nouvelle, à la fois imperméable et impu-trescible, qui est le cuir. Les écorces de Bouleau, d’Àuneet d’Epicéa ont la môme propriété.

L’écorcement ne s’opère que sur les arbres destinés àêtre abattus. Il se fait au printemps, en avril ou en mai,parce qu’en ce moment la sève abondante qui monte sousl’écorce rend celle-ci moins adhérente au bois, la décolleen quelque sorte et en facilite le détachement. On com-mence par entailler circulairement le pied de l’arbre,puis on divise l’écorce en bandes longitudinales, que l’onarrache de bas en haut. On dépouille la partie supérieurede la tige quand l’arbre est abattu et couché par terre.Les lanières d’écorce sont ensuite séchéea au soleil etliées en bottes. Un hectare de taillis de Chêne de 20 à25 ans peut donner environ 500 bottes, valant entre500 et 1000 francs. Tout le monde a vu, dans les paysforestiers, au bord des ruisseaux et des rivières, parmiles Peupliers et les Saules, ces moulins, tout couvertsd’une poussière rougeâtre, où les écorces sont pulvériséeset converties en tan.

Ce produit de la forêt alimente un commerce trèsimportant. D’après M. Clavé, on évalue à 100 millions