LES FORÊTS
179
crevassé, subir depuis 80 ans ce régime et n’en paraîtrenullement fatigués. Le Pin du nord n’est pas riche enrésine, mais, en Finlande, on le force à livrer toutecelle qu’il renferme par un traitement meurtrier. Apeine les jeunes tiges ont-elles atteint le diamètre de 25ou 50 centimètres, on les ébranche et on les décortiquedepuis le collet jusqu’à hauteur d’homme, en ne leurlaissant qu’un étroit ruban d’écorce. L'année suivante,on leur enlève même cette lanière. Laissés ainsi pendantdeux ou trois ans, les arbres languissent, se dessèchent,et leur bois dénudé se recouvre d’une croûte de résine,que l’on récolte. Ce n’est pas assez ; on les abat et on lesdébite en lattes minces que l’on brûle et liquéfie dansun four clos, semblable aux fours à charbon de bois. Legoudron s’écoule par un conduit ménagé au fond de lafosse où se fait l’opération.
Il faut compter encore au nombre des produits utilesde nos forêts les feuilles mortes qui, dans certains payspauvres en céréales, servent de litière aux bestiaux ;le fruit du hêtre, la faîne, d’où l’on tire une huileestimée, et le gland, dont s’engraissent les porcs, soitqu’ils aillent le chercher eux-mêmes sous la futaie, soitqu’on le rainasse pour eux et qu’on le leur donne àl’étable. Enfin l’herbe qui tapisse le sol de la forêt peutêtre sans inconvénient, quand les arbres sont grands,broutée par les troupeaux, et c’est là une précieuse res-source dans les contrées privées de pâturages.