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Les forêts : ouvrage illustré de 43 vignettes / par E. Lesbazeilles
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LES FORÊTS

celui de betterave et même celui de canne. Un Érablepeut en produire chaque printemps environ une livre.Au bout de deux ou trois ans, ces énergiques travailleursvendent leur terre à des émigrants étrangers pour allerrecommencer leur rude métier de défricheurs sur unautre lot de la forêt.

Nous avons vu à quels pénibles travaux se livrent lesbûcherons dans les pays de hautes montagnes : ceux quiexploitent les grandes forêts américaines s’exposent àdes fatigues et à des dangers plus redoutables encore.Ils ne sont pas seulement bûcherons, il faut qu'ils soientaussi d’intrépides voyageurs. Aux périls connus s’ajoutentpour eux des risques impossibles à prévoir, des hasardssouvent terribles.

Ces bûcherons se réunissent en une société composéede 10 à 15 hommes. Ils commencent par envoyer quel-ques-uns d’entre eux en éclaireurs pour reconnaître lesmeilleures parties de la forêt, celles qui renferment leplus grand nombre de beaux arbres. Après avoir payé augouvernement ou aux propriétaires du district le droitfixé pour l’exploitation d’une superficie déterminée, parexemple mille pieds carrés, ils se mettent en campagne, aucommencement ou au milieu de l’automne. Ils sont par-tagés en deux troupes, qui ne suivent pas le mêmechemin : la première est chargée de transporter lesoutils et les provisions, qui consistent en porc salé, enbiscuit de mer, en thé, en mélasse (du lard cru trempédans de la mélasse est un des mets favoris du bûcheron),et elle voyage autant que possible par eau ; elle remonteen bateau les fleuves et les rivières. Cette navigation pré-sente mille difficultés, devant lesquelles des hommesmoins vigoureux, moins adroits, moins patients, recu-leraient : tout à coup une chute se rencontre, une mu-raille d’eau qu’il est impossible de franchir, et il fautdébarquer, porter au delà de la chute toute la charge dubateau et le bateau lui-même, sur une rive encombrée