LES FORÊTS
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hauteur. Sa couronne manque d’élévation et d’envergure;elle se compose de grosses branches ramassées, tortueuses,qui n’ont des feuilles qu’à l’extrémité de leurs dernièresramifications et qui même les perdent pendant une partiede l’année. Un voyageur a qualifié le Baobab de ruine dé-pourvue d’ombre. Cet arbre informe est bien un produit dela terre puissante et rude qui a enfanté l’hippopotame, l’élé-phant. Le Sycomore, qui abonde dans le Soudan, se couvred’une vaste cime et répand une ombre épaisse, mais il se dé-pouille aisément de son beau feuillage et reste longtempsdénudé. Les Bambous et les Fougères arborescentes nejouent qu’un rôle subalterne dans la flore de l’Afrique.
Si les arbres de haute futaie ne sont pas communsdans les forêts africaines (nous ne parlons pas des beauxCèdres de l’Atlas, que leur situation septentrionale etleur altitude placent dans des conditions climatériquesexceptionnelles), les arbustes, les buissons, une multi-tude de plantes basses, rampantes, grimpantes, sarmen-teuses, épineuses, y forment dans les fonds humides unsous-bois touffu qui peut rivaliser avec les jungles lesplus inextricables de l’Inde. Tous les explorateurs del’intérieur de l’Afrique, M. Trémeaux sur les rives boiséesdu Nil Bleu, Livingstone sur celles du Zambèze, M. Stanleyen descendant le cours du Congo, ont été aux prisesavec ces redoutables fourrés. La traversée de la forêt deMitammba, située non loin de Nyanngoué, fut pourM. Stanley une des plus pénibles épreuves de son voyage.Le sous-bois se composait d’herbes dures et coupantes, deRoseaux, d’Orchidées, mêlés à des Lianes, à des Figuiersde la grosseur d’un câble, à des Acacias, des Tamariniers,des Vignes folles, des Palmiers nains de diverses espèces :le tout formait un lacis, un tissu à mailles serrées etélastique, haut d’une vingtaine de pieds, qu’il fallaitouvrir, déchirer avec les mains, maintenir écarté avecles coudes pour passer. Toutes ces tiges, ces branches,ces feuilles étaient inondées de rosée et laissaient tomber