RUE 467
Poeta M. SS. ìnfimi œvì , in Bibliothecà Thuaná. II est essen-tiel, avant de les rapporter, de se mettre au fait de la dis-ctilïïon.
M. P. D. M, donne à ce mot tine étymologie différente detontes celles qni lui ont été jusqu’ici données par nombred’Auteurs; & il s’attache principalement à détruire le sen-timent de du Cange , qui fait dériver ce mot de Trìbutum>d'où les vieux mots de tru , treu , treubs , trehus , truage ,trevage , &c.bien distincts dans les mêmes Auteurs des douze& treizième siècles , de truhand, truander , truandent & sesantres dérivés. 11 prend de-là occasion de rejettes le senti-ment de Saïnt-Fotx sur la rue de la grande-Truanderie * ,qui, à la vérité , après de respectablesgarans , pense que cetterue étoit ainsi appellée à cause que des Fermiers y avoient desJfureaux ; ces Fermiers étant - suivant eux , nommés truandsdu mot tru, comme on dit Traitans de traites. Mais quandil seroit vrai qu’anciennement truand seroìt dérivé de tru , ilseroit toujours constant que le nom de cette rue auroit uneautre origine, parce qu’elle n’a été bâtie que vers 1300;& pour lors, l’acception générale de truand étoit pour désignercette espèce de gens qui amusent le Peuple , pour exciterà leur faire l’aumône. Ceci bien établi, M. P. D. M. passeà l’étymologie plus ancienne. 11 seroit trop long de rapportéetoutes les preuves & les autorités fur lesquelles il se fonde ,la plupart tirées de du Cange , qu’il combat avec ses propresarmes. Il suffira de dire qu’il prouve que truand v ient de lalangue étrusque avec une terminaison espagnole, tru signifianten cette ptemière langue aruspex , & du mot and de andar ,verbe espagnol qui signifie aller çà & là. On voit par cettedénomination,honorable dans son principe, qu’on a voulu dé-signer ces prétendus Devins, ces Diseurs de bonne aven-ture , ce qu’on appelle aujourd’hui des Bohémiens ; & depuisfigurément on a compris fous ce titre tous ceux qui ont paru
* Anciennement , dit cet Auteur , on appelloit tributs , & par abré-viation nus, les impôts qu’on mettoit fur le Peuple. De ct mot, trus,dit Pasquier , t. i , p. S S 3 , vint celui de truander , peur diregourmar.derfr fouler , parce que ceux qui font destinés d exiger dts tributs , font ordi-nairement gens fâcheux qui ont peu de pitié despauvres fur lejqucls ils 'xn:-ìtles Manlcmtns du Ro : . 11 y a grande apparence , ajoute-t-il, qu on donnale nom de T ruanderie aux tues où les Bureaux de ces Fermiers & Rece-veurs étoient établis, t. t , p. 3 31 des EJf, Hist, fur Paris.