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Dans celui du Sud, on voit Ulysse, de M. Bra, et une Nympheblessée par un serpent, de M. Nanteuil. N’oublions pas dementionner le canon du Palais-Royal, chargé de donner midiaux promeneurs lorsque le soleil veut bien le permettre, et di-sons encore que ce fut dans le jardin de ce palais que Camille Desmoulins donna le signal de la Révolution, le 12 juillet 1789.Monté sur une table, il harangua la foule : « Citoyens, dit-il,il n’y a pas un moment à perdre. J’arrive de Versailles ;M. Necker est renvoyé, ce renvoi est le tocsin d’une Saint- Barthélemy de patriotes. Ce soir, tous les bataillons suisses etallemands partiront du Champ-de-Mars pour nous égorger ; ilne nous reste qu’une ressource, c’est de courir aux armes, etde prendre une cocarde pour nous reconnaître. » Et arrachantaussitôt une branche au tilleul qui l’ombrageait, il en distri-bua les feuilles aux jeunes gens qui l’entouraient ; mais on netarda pas à les remplacer par des cocardes tricolores.
LA STATUE DE DESAIX. — La place Dauphine. — Cetteplace a la forme d’un triangle, au centre duquel on a érigéen 1803 une fontaine monumentale en l’honneur de Desaix,d’après les dessins de Fontaine et I'ercier. Ce monument, res-tauré en 1830, représente la France couronnant le buste deDesaix. Deux Renommées gravent les noms des batailles où ils’est illustré. Au-dessous on lit cette inscription : « Allez direau premier Consul que je meurs avec le regret de n’avoir pasassez fait pour la postérité. » Landau, Kell), Weissem-bourg, Malte, Chebreis, Embabé, les Pyramides, Sedimon, Sa-manhoue, Kane, Thèbes , Marengo, furent les témoins de sestalents et de son courage. Les ennemis l’appelaient le juste;ses soldats, comme ceux de Bayard, sans peur et sans re-proche. Il vécut, il mourut pour sa patrie. L.-Ch.-Ant. Desaix ,né à Ayot, département du Puy-de-Dôme , le 17 août 1758;mort à Marengo, le 25 prairial an VUI de la République (U juin 1800). Ce monument lui fut élevé par des amis de sagloire et de sa vertu, sous le consulat de Bonaparte , l’an X dela République.
LA STATUE DE HENRI IV. —En 1818, la Restaurationinaugura cette statue qu’on admire encore aujourd'hui; elle estl’œuvre de Lemot . Elle a été faite aux frais d’une souscription,et le bronze dont elle est formée provient de la statue impérialede Napoléon qui, sous l’empire, surmontait la colonne Ven dôme . On lit sur son piédestal une inscription latine, dontvoici la traduction : « Ce monument, à la mémoire de Henri IV ,