LES DERNIÈRES CARTOUCHES.
34
16° d'infanterie s’embarqua le 5, à une heure dusoir. Les trains se dirigèrent sur Besançon, maisl’encombrement de la voie ne tarda pas à arrêter lesmouvements, et le régiment séjourna dans les trainspendant les 5, 0, 7, 8‘ et 9 janvier.
« La température s’était abaissée tout à coup;une épaisse couche de neige couvrait la campagne,et nos hommes peu couverts, manquant de vivres,souffraient beaucoup, mais toujours sans se plaindre.Les trains s’arrêtaient fréquemment, mais on nesavait jamais pour quelle durée. Les hommes des-cendaient, allumaient du feu, essayaient de faire unpeu de soupe ou de café pour se réchauffer, maispresque toujours il fallait renverser la marmitepour remonter en voiture et repartir.
« Ces souffrances durèrent cinq jours, pendantlesquels un certain nombre d'hommes disparurent.Enfin, on arriva à Clerval-sur-le-Doubs, le 9 janvierà deux heures du matin. Un grand nombre d’hommesavaient les jambes enllécs el ne pouvaient marcher.
« Le régiment quitta Clerval le 9, à quatre heuresdu soir, et se porta sur Fontaine où il cantonna.
« Le 10, la 3° division arriva sur les plateaux quidominent le village d’Arccy, occupé par les Alle-mands. »
Tels avaient été des mouvements préparatoires ducôté français : si lents et si défectueux qu’ils eussentété, ils avaient sérieusement alarmé les Allemands.