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AUTOUR DE BESANÇON,mon opinion, mais je n’ai pas le droit de me sub-stituer à vous-même, et la décision en dernier lieuvous appartient. Or, mon opinion, c’est que vousexagérez le mal. Il me parait impossible que votrearmée soit réduite au point que vous dites. Le com-mandement d’un bon chef ne peut pas, en si peude temps, laisser une telle désorganisation s ac-complir.
« Je crois donc que, sous l’impression de votredernier insuccès, vous voyez la situation autrementqu’elle n’est : en second lieu, je crois fermement quevotre marche sur Pontarlier vous prépare un dé-sastre inévitable. Tous n’en sortirez pas ; vous serezobligé de capituler ou de vous jeter en Suisse.Quelle que soit la direction que vous preniez poursortir de Pontarlier, l’ennemi aura moins de cheminà faire que vous pour barrer le passage. Ma convic-tion bien arrêtée, c’est qu’en réunissant tous vos corpset vous concertant au besoin avec Garibaldi, vousseriez pleinement en force pour passer soit par Dole,soit par Mouchard, soit par Gray, soit par Pontailler(sur Saône); vous laisseriez ensuite le 24 ° corps etle corps Grenier en relation avec Garibaldi et vouscontinueriez votre mouvement en prenant, autantque possible, pour objectif les points indiqués dansmes dépêches précédentes, et si l’état de votre arméene permettait réellement pas une marche aussilongue, vous vous dirigeriez vers Chagny pour ystationner ou pour vous y embarquer. Remarquez