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Les dernières cartouches (janvier 1871) : Villersexel - Héricourt - Pontarlier / Henri Genevois
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LA HEUXIÈMK ÉTAPE UE LA RETRAITE. 211

A lheure même les généraux D astuguc et Minotse faisaient prendre à Sombacourt, le général Thorn-

général donna lordre presque incroyable dabandonner ces deuxbatteries, si elles devaient retarder la marche de l'infanterie. Labatterie de 12 éprouvant quelques difficultés, par suite de létatboueux des chemins, le capitaine qui la commandait exécuta aupied de la lettre lordre du général de brigade, fit couper les traits,laissa son matériel dans la boue et sen alla avec les attelages. Labatterie de 4 qui le suivait sengagea sous bois et parvint à rega-gner le corps d'armée.

«Envoyant arriver la batterie sans ses pièces, le général de Bloisentra dans une violente colère et ordonna au capitaine daller,coûte que coûte, chercher son matériel, sous la protection dunrégiment de cuirassiers... Un fait singulier démontra la facilitéavec laquelle il aurait pu ramener sa batterie : un maréchal deslogis de lanciers et un sergent de zouaves revenant par la forêtavaient ramené à bras une des six pièces abandonnées et avaientpu la reconduire jusqu'au bivouac de la division.

« Quant au général de brigade qui était responsable de laccidentpar suite de lordre quil avait donné, ordre non seulement con-traire aux vrais principes de la guerre, mais encore intempestif enlui-même, car aucune troupe ne barrait à la colonne la route d'Or-léans, on demanda en vain quil fût traduit devant un conseil d'en-quête et plus tard, sil y avait lieu, devant un conseil de guerre,le ne sais trop pour quelles raisons cette demande, très nettement,formulée et fortement motivée, fut rejetée presque sans examen,ou plutût je ne peux pas trop approfondir cette question qui serattache à des rivalités d'armes et à des camaraderies décole. »Paris, Tours , Bordeaux, p. 173.

On peut s étonner quun général chargé de pareils antécédentsait été maintenu. Cest une réponse à ceux qui accusent Gambettade procédés trop révolutionnaires. Lexpérience a prouvé queGambetta navait au contraire pas assez généralisé les sévéritésquil a si justement déployées contre les Aurelle, les Reyau, lesMartin des Pallières.ll est équitable de rappeler que ce général Minotétait un prisonnier de guerre évadé, ce qui prouve que les inten-tions patriotiques ne lui manquaient pas au début. Cest le moralqui faisait défaut : à cette situation nouvelle, cétait trop souventla vieille école qui fournissait son vieux personnel.