LA DEUXIÈME ÉTAPE DE LA RETRAITE.
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La portée restreinte de l'armistice était connuepar ManteufTel dès le 29 à 5 heures du soir, — heurede l’arrivée au quartier général à Arbois (1).
Immédiatement, une proclamation très explicitefut lancée : — « Paris a capitulé ! Un armistice estconclu entre la garnison de la ville et les l re et 2° ar-mées. Seule , celle clu Sud doit continuer ses opéra-tions ,, jusqu'à ce quelle ait obtenu unrésultat définitif.En avant ! »
Les chefs allemands étaient donc parfaitementrenseignés par une proclamation qui leur est parve-nue dès le 30 au matin. Ce même jour, dès 9 heuresdu matin, un ordre fut lancé d’Arbois, qui commen-çait par ces mots : « La nouvelle d’une suspensiond’armes pour l’armée du Sud est fausse », et qui en-joignait aux chefs de corps de continuer vigoureu-sement les hostilités — et surtout les marches —sans s’arrêter aux négociations que voudraient en-tamer les Français.
Le 30, aux environs de Pont-d’Iléry, Manteuffelavait reçu de Clinchant — toujours dans la croyance
(1) Opérations de l'armée du S ud, d’après les documents officiels,par le comte U. i>e Waiviensleben, chef d’état-major général de la-dite armée. L 'Historique du grand état-major prussien, qui estencombré de documents et télégrammes, — souvent oiseux — nementionne ni la dépêche par laquelle Manteuffel apprend l’armis-tice, ni la proclamation qu’il lance immédiatement. Ces deux docu-ments mettent trop en lumière la ruse, la réticence et l’équivoqueemployées pour prolonger l’incertitude des Français.
Ruses prus-siennes.