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l.ES DE II NI IC II IÎS CARTOUCHES.
Illblidc .Iles t'avre.
on l’a vu, annoncé en deux mots à la Délégation.Gambetta pressa .Iules Favre d’interrogations fié-vreuses, auxquelles M. Favre ne répondit que le2 février, à cinq heures du soir. Dans l’intervalle,M. de Dismarck avait bien communiqué — le 31 jan-vier seulement — les clauses principales à titre derenseignement.
L’imbécillité et le scepticisme du gouvernementparisien avaient lait aboutir les projets des Allemandsen leur octroyant l’avance de deux journées demarche, en achevant de désorganiser le commande-ment de l’armée de l’Fst et en donnant le coupsuprême au moral des troupes. On leur a reprochéà ces malheureux soldats de crier à la trahison...l'eut-on leur faire grief de ne pas distinguer entre latrahison calculée et l’oblitération morale, lorsque lerésultat est le même ?
<< La connaissance exacte de ce texte, après lesordres expédiés par le gouvernement, était un véri-table coup de foudre, dit le général Thoumas ; lafureur de Gambetta était, à son comble ; il se jetasur moi, qui n’élais certes pour rien dans ce qui sepassait, saisit ma cravate et la tordit, comme s’ileût voulut m’étrangler :
« Je comprends, s’écria-t-il, qu’un avocat hébété« par la peur ait commis une pareille balourdise et« une semblable infamie; mais ce Jules Favre était