LA DEUXIÈME ÉTAPE DE LA RETRAITE. 221
« assisté d’un général quand il discutait avec Bis-« inarck les clauses de la convention : que le sang de« l’armée de l’Est et la honte de la défaite retombent« sur lui ! »
Que de douleur dans cette exaspération ! Quelleindicible souffrance pour le grand patriote de voirchacun de ses efforts détruit par l’inertie, l’inca-pacité, le découragement... Quelles angoisses,lorsque retombe plus lourdement le rocher qu’unevolonté surhumaine vient à peine de soulever !
Comment Jules Favre avait-il consenti pareilleclause ? Comment, l’ayant consentie, avait-jl commisl’oubli monstrueux de la signaler?
C’est que Bismarck osait tout avec son adversaireabîmé de douleur, — d’une douleur humiliée etpleurarde qui ne laissait rien de lucide dans ce cer-veau, rien de lier dans ce cœur.
N'avait-il pas commencé, l’audacieux chancelier,par demander à Jules Favre une clause lui livrantl’armée de Garibaldi? Cette proposition déshono-rante fut repoussée avec indignation. Elle aurait dûmettre Jules Favre en éveil, lui révéler le désir desAllemands et l’empêcher de stipuler la mise des dé-partements de l’Est hors la trêve (1).
(1) M. Jules Favre s’est excusé en disant qu’il manquait de nou-velles, que M. de Bismarck lui affirmait bien que notre armée del'Est était en retraite, mais qu’il ne le croyait pas : .< Paralyserl’année de l'Est qui pouvait être victorieuse et secourir la placeassiégée, était une résolution bien téméraire. »
Un tel raisonnement montre l’état cérébral du malheureux