l’entrée en suisse.
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du 9 e et tout le 49°. Ces troupes, appuyées de fortesré-serves ( 1 ), déployèrent un acharnement extraordinaire.Dès le début, l’artillerie du fort de Joux (2) avait faittaire l’artillerie ennemie : l’infanterie eut donc le rôleprépondérant dans le terrible combat qui allait faireretentir les sonorités de ces vallées grandioses du fra-cas des feux de peloton et marbrer le tapis neigeux desflaques rouges d’un sang répandu « pour l’honneur ».
Le début de l’action fut marqué par une panique.Les conducteurs de charrettes, agents d’ambulancequi encombraient la route, pris d’une terreur folleaux premiers coups de fusil, débouchent du défilé enfrappant leurs chevaux et en criant. Tout ce convoi,par une action autant mécanique que morale, entraînedans sa déroute les premières troupes de la réserve
(1) Trois bataillons du 2 e . (les troupes avaient gravi péniblementjusqu’au plateau par la côte Jeunet et étaient venues s’établir enavant de l’auberge duLarniont.
(2) Les forts de Joux et du Larmont étaieut, depuis le 30 janvier,sous le commandement d’un ofticier d’artillerie récemment promuchef d’escadron, le commandant Ploton, précédemment chargé dediriger l’équipage de pont du 15 e corps. La garnison des deux fortscomprenait cent mobilisés du Doubs, cent sapeurs du génie etquatre-vingt-dix artilleurs pontonniers. Une batterie en neigecomposée de cinq pièces fut établie à l’entrée du fort de Joux etcontribua à faire taire l’artillerie ennemie. Pendant tout le combatdu 1 er février, l’artillerie des forts aida efficacement notre infan-terie. Pendant les jours suivants, jusqu’à la paix, les forts tirentdans leur zone une police vigilante, eanonnant et fusillant tous lesdétachements prussiens qui se risquaient à portée. La garnison,dans des pointes nombreuses et hardiment poussées, ramena beau-coup de matériel abandonné et de munitions. Le commandantPloton ayant menacé de bombarder Pontarlier, les Allemands s'enécartèrent jusqu'à ce que l’armistice fût généralisé.
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