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LES DERNIERES CARTOUCHES.
qu’aucun espoir n’est au bout, que deviendrait lepatrimoine moral de la race? 11 leur est dii, à ceschampions in extremis du nom français, autant dereconnaissance que d’admiration. C’est à eux quenos bataillons doivent d’avoir franchi la frontière enrang, en armes, dans une altitude digne, au lieu d’yêtre poussés comme un troupeau effaré, — le souilledes chevaux des uhlans dans la nuque !
Et d’ailleurs, au cours de cette retraite déplorable,cinq divisions ont eu à soutenir des combats violents :ltebilliard à Vorges et à Husy; Thornton à Chalfois;Fallu de la Barrière, Feillel-Pilalrie, Penlioat àOye et à la Cluse, ces trois dernières divisions aprèsl'armistice. Cinq fois sur cinq les troupes engagéesont eu la meilleure attitude, et ont infligé des échecsaux Prussiens. Tant il est vrai que lorsqu’on mèneen avant la troupe française la plus désagrégée, lamasse tout au moins suit les chefs. Qu’on la mène enretraite, elle ne tarde pas à fondre : le caractèrenational est ainsi fait; nous pourrions dire le carac-tère de presque tous les soldats du monde. Quantaux Allemands, ce n’est pas au nombre des portesenfoncées qu’il faut juger leur mérite : les portes ou-vertes ne comptent pas; or, aucune des portes ferméesn'a été forcée par eux.
Sauf de rares retardataires, l’armée française étaittout entière en Suisse, le soir du 2 février (f) : pendant
(I) Entrèrent en Suisse : 2192 officiers; — 88 1)81 soldats; — 285