CEUX QUI S’ÉCHAPPENT DU DÉSASTRE. 259
monts lïisoLix dans la nuit du 14 au 15, en faisantreposer ses chevaux pendant cinq heures dans levillage de Rois-d’Àmont.
« 11 avait ainsi tenté une ascension tellement har-die que les gens du pays n’en croyaient point leursyeux. Dans toute cette route, la neige, souvent d’uneépaisseur de plus d’un mètre, avait été un obstaclepresque infranchissable pour des hommes et deschevaux harassés de fatigue.
« La route était poursuivie en outre sur les Rousses,Gex, où l’escadron arrivait le 16 à trois heures del’après-midi, n'ayant perdu que deux chevaux tombésdans un précipice, six autres avaient été laissés enroute, faute de pouvoir suivre. »
Le colonel ajoute une constatation que nousreproduisons à la fois pour l’honneur de nos troupes,et pour montrer que les chefs qui savaient faire leurdevoir trouvaient toujours dans leurs hommes en-durance et dévouement (1) :
« Je profite de la circonstance pour vous signaler
(1) Le lieutenant-colonel Poizat, commandant l’artillerie de la3 e division du 15 e corps, tient un langage pareil :
« Dans cette pénible retraite à travers les montagnes du Jura, surdes routes très accidentées et où la neige atteignait 70 centimètresd épaisseur, tous les hommes ont fait preuve d’une ténacité sanspareille. Chaque batterie est restée compacte et unie : pas unhomme na manqué, aux appels. Plus de la moitié des canonniersétaient en sabots. •>
Vingt autres chefs ne parlent pas autrement : Pallu, Rebil-liard, etc.